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| Université des sciences islamiques de Constantine |
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Luttes idéologiques
Les quinquagénaires constantinois se rappellent bien le petit texte, inséré en oreille dans les encarts publicitaires, dans le journal local An Nasr vers la fin des années 1960 : « Contribuez à la construction de l’objet de votre fierté, la mosquée Emir Abdelkader. »En ce temps-là, l’idée d’une université ne faisait que germer dans la tête des dirigeants de l’époque, au même titre d’ailleurs que les fameuses conférences de la pensée islamique, qui faisaient office d’internationale islamique, rassemblant chaque année les penseurs et ouléma des pays arabes et musulmans. L’objectif recherché était de faire accréditer l’idée que l’option du socialisme amorcé, ces années-là, n’était pas dogmatiquement d’obédience soviétique, mais puisait son inspiration dans les valeurs égalitaires énoncées dans les préceptes islamiques. « Une auto-fetwa préservant le régime des foudres des forces conservatrices, assez fortes à l’époque, mais il y avait, tout de même, une certaine sincérité conférée à une dimension spirituelle au triptyque révolutionnaire, agraire, culturel et industriel », affirme un des notables du régime de Boumediène, devenu un féru des anciens manuscrits que recèle la bibliothèque de l’université Emir Abdelkader. Les travaux avaient alors commencé en 1967, et l’Etat avait fait appel à un architecte égyptien, Mustapha Moussa, à la compétence avérée, qui a aussi conçu le Palais des nations à Alger. Il donne les premières esquisses qui laissent transparaître l’émergence de l’un des plus beaux ouvrages d’art de l’Algérie post-indépendance. Les styles oriental, mauresque et maghrébo-andalou se complètent en parfaite osmose avec, cerise sur le gâteau, un dôme cathédral trônant au beau milieu et offrant une dimension méditerranéenne. Le projet subjugue. Il est adopté. Mais les travaux traînent, non pas faute de finances, car les dons, aussi bien particuliers qu’émanant d’Etats musulmans, n’ont jamais tari, mais par l’absence de mécanismes de contrôle ayant droit de regard sur l’affectation réelle des ressources pécuniaires.


