CONSTANTINE
La situation était explosive, hier tout au long de la journée, à la cité du 8/11/1971 de Constantine où devaient se dérouler les élections du renouvellement du comité de résidence.
Les membres de l’UNEA qui avaient décidé de boycotter cette élection se sont fermement opposés au déroulement du scrutin. Très tôt le matin, les étudiants affiliés à l’UNEA se sont rassemblés devant le bureau de vote. Ils ont d’emblée affiché l’intention d’empêcher les élections, en bloquant l’accès du bureau de vote. Les candidats indépendants et ceux de l’UGEL ne l’entendaient de cette oreille. Certains d’entre eux ont décidé de forcer le passage. Une bagarre à coups de poings éclata. Heureusement, l’incident n’ira pas pus loin, grâce à l’intervention d’autres étudiants qui arrivèrent à calmer les esprits. Mais autant, la situation restait précaire. Devant cet état de fait, les responsables de la cité ont fait appel aux forces de l’ordre pour parer à toute éventualité. La police s’est déployée aux abords de la cité universitaire sans y pénétrer. Le président du bureau de wilaya de l’UGEL, Walid Bouhouhou, approché par nos soins, nous dit «qu’il s’agit d’un conflit entre les membres mêmes de l’UNEA qui connaît aujourd’hui un mouvement de dissidence». Selon notre interlocuteur, «ce confit est essentiellement lié à la préparation du congrès national de cette organisation estudiantine prévu les 27, 28 et 29 mars prochain». Et de préciser «que les étudiants qui se sont présentés aux élections en tant qu’indépendants, sont en réalité des membres de «la nouvelle UNEA». Il estimera que s’il y a un problème au sein de l’UNEA, les membres de cette union n’ont qu’à le régler entre eux sans pour autant impliquer les autres résidents. De son côté, le président du bureau de wilaya de l’UNEA, Nabil Kaddouche, interrogé, dira «qu’il s’agit d’un complot préparé par l’administration de la cité contre son organisation dans le seul but de la briser». Interrogé sur la liste des candidats indépendants, Nabil Kaddouche affirme que «ces derniers prétendent appartenir à l’UNEA, ce qui est faux». Il accusera l’administration, à sa tête le directeur de la résidence, «d’avoir comploté avec la complicité de certains étudiants pour anéantir l’UNEA». Invité à s’exprimer sur ce mouvement de dissidence qui semble perturber les rangs, notre interlocuteur déclarera «que tout va bien et les rangs de l’organisation ne sont pas déchirés comme le disent ceux qui veulent semer la zizanie au sein des résidents». Nabil Kaddouche nous précise que son organisation a boycotté les élections de renouvellement du comité de résidence parce que ces dernières, estimera-t-il, sont tout simplement illégales». Dans l’après-midi, à part l’escalade verbale, aucun incident notable n’a été enregistré. Mais les tractations ne se sont pas arrêtées. Et la situation pouvait déraper à tout moment. C’est presque dans un grand soulagement que décision fut prise de reporter les élections pour aujourd’hui.



