Des l'année prochaine
De gros changements vont être opérés dans l’enseignement technique secondaire. Boubekeur Benbouzid a annoncé, hier, le transfert, d’ici au début de l’année 2007, des enseignants du technique des lycées vers les centres de formation professionnelle. Un changement de tutelle qui sera accompagné par la délocalisation des ateliers des technicums vers les centres de formation professionnelle, selon le ministre.Le CNAPEST conteste la démarche du ministère, le SATEF s’y oppose et le CLA, quant à lui, tire la sonnette d’alarme et appelle à une mobilisation générale sous le mot d’ordre «Sauvons les lycées techniques !».
Boubekeur Benbouzid a déclaré hier que «les professeurs de l’enseignement technique, qui étaient affiliés au secteur de l’Education nationale, seront transférés vers le département de la Formation et de l’Enseignement professionnels d’ici le début de l’année prochaine». Alors que le ministre de l’Education nationale enrôle ce réaménagement dans le registre du «renouveau du système éducatif algérien», qui vise à «le placer au rang des normes internationales», les syndicats autonomes du secteur y voient un plan de «déscolarisation des disciplines techniques» et «le début du démantèlement des lycées techniques».
L’annonce du transfert des enseignants du technique, qui dépendent du ministère de l’Education nationale, vers le secteur de la Formation et de l’Enseignement professionnels, a été faite par M. Benbouzid, en marge de l’installation de la commission interministérielle chargée de la mise en place des modalités et mécanismes du cursus de l’enseignement professionnel. Le premier responsable du secteur de l’Education a précisé que ce transfert s’effectuera par des procédures administratives, et après des sessions de formation au profit des enseignants, confirmant que ce changement de tutelle s’inscrit dans le cadre du «renouveau du système éducatif algérien», afin de le «placer au rang des normes internationales», car, a-t-il encore ajouté, «l’enseignement technique doit s’inscrire dans les prérogatives de l’enseignement professionnel».
Relevant un manque d’effectif dans l’enseignement technique, le ministre a rassuré les professeurs concernés par ce transfert que «l’enseignement technique restera toujours» et qu’»aucun enseignant ne perdra sa place».
Le ministre a indiqué, en outre, que le matériel technico-pédagogique et les appareils des ateliers des établissements d’enseignement technique seront, également, transférés et leur gestion sera assurée par le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels.
Contacté hier, le secrétaire général du Conseil des lycées d’Alger (CLA) a vertement dénoncé cette décision qu’il a qualifiée de «désastreuse». «Il y a plusieurs mois, nous avions déjà mis en garde contre la volonté de la tutelle de liquider l’enseignement technique. Aujourd’hui, il s’avère que le CLA n’était pas pessimiste, encore moins alarmiste. Le ministre veut, on ne plus clair, démanteler les technicums, sinon comment expliquer cette décision de transférer les enseignants du technique du secteur de l’Education nationale au département de la formation professionnelle ? Et comment expliquer la décision de démanteler les ateliers des technicums et de transférer leur matériel vers les CFPA qui seront chargés de sa gestion ? C’est clair: Benbouzid veut liquider l’enseignement technique et technologique dans le secondaire», s’insurge M. Osmane, qui dit «ne pas comprendre comment peut-on déclasser un ingénieur de longue expérience dans l’enseignement secondaire au poste de technicien formateur dans un CFPA ?». Selon le même responsable, «le CLA a entamé une campagne auprès des députés et des sénateurs pour avorter la démarche de Benbouzid. Une rencontre nationale sera tenue prochainement, en présence notamment des enseignants concernés, pour convenir des actions à entreprendre», ajoute le S.G. du CLA, qui fait la comparaison entre « la France où il y a 260 options du bac technique et l’Algérie où il ne reste que 6 options alors qu’il y en avait 16 avant la réforme, il y a 2 ans». De son côté, le porte-parole du CNAPEST, M. Lamdane, a déclaré que «cette situation conflictuelle est le résultat de la non-consultation des partenaires par la tutelle lors de l’élaboration de la réforme scolaire, notamment dans son chapitre pédagogique. L’état actuel de l’enseignement technique est inscrit comme priorité et une urgence dans l’ordre du jour de notre conseil national, le 30 novembre. Nous allons réagir en fonction des rapports établis par les différentes commissions de wilayas. Le dernier mot reviendra aux enseignants lésés par ces décisions».



