Ecole
Suivant une courbe ascendante, la violence sous toutes ses formes à l’école n’est pas sans inquiéter enseignants, parents d’élèves et responsables de la direction de l’éducation
Les manifestations virulentes et parfois dangereuses qu’elle prend touchent à certaines formes de délinquance difficiles à réprimer, surtout quant elles ont lieu en dehors des établissements concernés. Mais, estime-t-on, « ce n’est pas une raison pour baisser les bras ».
En vérité, la violence à l’école « ou sur le chemin de l’école » n’est pas chose nouvelle. Mais elle a tendance à prendre de l’ampleur et des formes plus dangereuses qui s’apparentent plus à de la délinquance qu’à de simples « algarades entre jeunes ou adolescents ».
Ainsi, pour ne citer que quelques cas relevés en cette fin de mois, jeudi passé, devant le CEM des frères Bousalème, une bataille rangée s’est produite entre deux « bandes de jeunes écoliers appartenant à des cités différentes ». Comme cela nous a été rapporté, après les coups de pieds et de poings, très vite des couteaux ont fait leur apparition. Heureusement, il n’y eut que quelques égratignures et des vêtements déchirés. Du reste, rapidement, l’intervention d’adultes a séparé et dispersé les belligérants en tablier blanc.
A la même période, devant le lycée Benbadis, « une petite algarade a tourné très vite à une mêlée généralisée, et là aussi des couteaux firent leur apparition, nous diront des parents d’élèves ». Egalement à la ville nouvelle Ali Mendjeli, des scènes similaires se produisent assez souvent, dont certaines à l’intérieur des établissements.
Des enseignants contactés « sont catastrophés par certains comportements d’élèves: agressivité, dégradation de biens publics, vol de portables, usage de drogue et consommation de cigarettes et la liste est encore longue ».
Contactés sur cette question, M. Boumaïza, de la direction de l’éducation, et d’autres responsables se disent «parfaitement conscients de cette situation et de son aggravation au fil des ans». Selon M. Boumaïza, lorsque ces méfaits rapportés ont lieu en dehors de l’établissement, ils relèvent de l’ordre public et dans certains cas graves, il est fait appel à la force publique. A l’intérieur de l’établissement, les responsables interviennent énergiquement et n’hésitent pas à prendre des mesures sévères quand elles s’imposent, allant jusqu’à la demande de changement d’établissement pour le jeune incriminé. Pour ceux âgés de plus de 16 ans, la sanction pourrait aller jusqu’au renvoi après avoir épuisé toutes les autres mesures.
Mais le fond du problème réside dans le désengagement de certains parents d’élèves qui se désintéressent parfois de ce que fait leur progéniture en dehors du foyer familial. Et ce responsable de plaider pour des relations plus suivies avec les membres des associations pour une meilleure prise de conscience et une collaboration soutenue dans l’intérêt de l’enfant scolarisé.



