Le choix d’Alger risque d’être remis en cause
Selon des sources bien informées qui ont demandé à garder l’anonymat, les autorités algériennes auraient sérieusement réfléchi ces dernières semaines annuler la manifestation : « Alger, capitale de culture arabe », et non seulement pour le retour de la menace terroriste urbaine, mais surtout après avoir constaté l’état insalubre, dangereux et inhospitalier de la capitale algérienne.Le commissaire de la manifestation, Kamel Bouchama a, lui-même, tiré la sonnette d’alarme lors de son passage, il a y une dizaine de jours sur la radio culturelle : « Comment peut-on accueillir une manifestation de cette envergure dans une capitale aussi sale ? Comment donner une meilleure image de l’Algérie alors qu’il y a des poubelles dans chaque coin de rue ? Il y a une grande indifférence affichée dans ce domaine. Je profite de cette occasion pour appeler toutes les institutions concernées pour remédier à cela et participer à la réussite de cet événement. » Vu la pérennité de l’insalubrité à Alger — au point que les rats peuplent les rues principales après minuit — les choses ne semblent pas avancer. On se souvient aussi du coup de gueule du ministre de l’Intérieur devant le wali d’Alger, Mohamed Adou Kebir, fin juillet : « Personne ne peut être fier d’Alger. Il y a les problèmes d’eau, de saleté, de transport, d’insécurité... Tout cela ne peut pas la placer au rang des capitales mondiales (...) Quelles sont les priorités pour Alger ? Fournir des efforts pour l’amélioration de l’hygiène ? Réfléchir au programme culturel qui sera organisé à l’occasion de cette manifestation ? Faciliter le transport qui constitue une pression pour les habitants et les visiteurs ? Régler les problèmes de développement ? Que faire alors que des étrangers, dans chaque coin de rue, risquent de se faire détrousser, yetaâraou ! » Sans compter le flagrant déficit de salles de spectacles, la gabegie dans la gestion des institutions culturelles publiques, l’absence de circuits d’arts ou de création, etc.



